La guerre en Iran vient-elle de faire éclater la bulle IA ?
À propos de cet épisode
L'épisode explore la fragilité de la bulle de l'intelligence artificielle face aux tensions géopolitiques, notamment le conflit avec l'Iran et le blocage du détroit d'Ormuz. Il met en lumière l'énorme volume d'investissements des géants technologiques comme Nvidia, Alphabet, Apple, Microsoft et Amazon, qui prévoient de dépenser 650 milliards de dollars en 2025 pour l'IA, après 250 milliards en 2024. Cependant, cette croissance est principalement financée par la dette, car l'IA ne génère pas encore de profits significatifs, les bilans étant souvent gonflés par des astuces comptables et des abonnements vendus à perte.
L'analyse révèle que le succès de l'IA repose sur trois piliers : une énergie bon marché, des chaînes d'approvisionnement fluides et des investisseurs patients. La crise d'Ormuz a brisé cet équilibre délicat en menaçant l'approvisionnement en matières premières essentielles (hélium du Qatar, néon d'Ukraine, brome d'Israël/Jordanie) et en énergie (GNL pour Taïwan, où TSMC fabrique les puces Nvidia). Taiwan, par exemple, ne dispose que de 11 jours de stock de GNL, et la production d'hélium du Qatar est bloquée pour des années. Ces perturbations physiques, combinées aux pratiques comptables créatives (comme l'allongement de la durée d'amortissement des serveurs pour masquer les pertes), créent un scénario propice à une correction majeure.
L'épisode met en garde contre une correction potentielle de 25 à 30 % du secteur de l'IA, voire 30 à 50 % si la situation au Moyen-Orient ne se débloque pas, ce qui pourrait effacer des milliers de milliards de dollars de valorisation boursière. Il souligne la concentration du marché, les sept géants technologiques représentant 35 % du S&P 500, un niveau similaire à celui de la bulle Internet de 2000. Les investisseurs sont invités à vérifier leur exposition via les ETF pondérés par la capitalisation boursière et à anticiper une augmentation des coûts des services d'IA, qui sont actuellement subventionnés par la dette.
Top 3 points clés à retenir
Le conflit iranien a accéléré la rotation sectorielle hors des techs à multiples élevés
La bulle IA n'éclate pas mais les excès se corrigent
Les dépenses en infrastructure IA (data centers, GPU) restent structurellement en hausse
10 conclusions essentielles
Les cinq géants technologiques (Nvidia, Alphabet, Apple, Microsoft, Amazon) ont dépensé 250 milliards de dollars en 2024 pour l'IA et prévoient 650 milliards en 2025, tandis que 6000 milliards de dollars de dépenses IA sont prévus d'ici 2030, dont la moitié devrait être financée par la dette.
L'intelligence artificielle, bien qu'étant l'avenir, ne génère pas encore de profits significatifs; les bilans sont gonflés par des astuces comptables et les revenus proviennent souvent d'abonnements vendus à perte.
Le succès de l'IA dépend de trois paramètres critiques : une énergie bon marché, des chaînes d'approvisionnement fluides et des investisseurs patients, un équilibre que la crise d'Ormuz a pulvérisé.
Le blocage du détroit d'Ormuz affecte 1/3 de la production mondiale d'hélium du Qatar (touché par des missiles iraniens), avec des réparations estimées entre 3 et 5 ans, et menace l'approvisionnement en GNL pour Taïwan.
TSMC à Taïwan, qui fabrique les puces Nvidia, consomme 8 à 10 % de l'électricité de l'île, dont la moitié est produite en brûlant du GNL importé, avec seulement 11 jours de stock.
OpenAI, la star de l'IA, prévoit 20 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2025 mais anticipe 14 milliards de pertes, n'espérant pas de profits avant 2027 et nécessitant 207 milliards de dollars de levées de fonds supplémentaires.
Les géants de la tech allongent la durée de vie comptable de leurs serveurs de 4 ans à 5 ou 6 ans, une astuce qui, selon Michael Burry, gonflera les bénéfices de 176 milliards de dollars entre 2026 et 2028.
Michael Burry avait misé 1,1 milliard de dollars en position courte contre Palantir et Nvidia en octobre dernier, soulignant la surévaluation et les irrégularités comptables du secteur.
Les sept géants de la tech (Magnificent 7) représentent 35 % du S&P 500, un niveau de concentration identique à celui du sommet de la bulle Internet en 2000.
Une correction de 25 à 30 % du secteur de l'IA, jugée plausible si Ormuz reste fermé cet été, représenterait 4500 à 5500 milliards de dollars de valorisation en moins, avec des conséquences en cascade sur le crédit des data centers.
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Les analyses présentées reflètent les positions passées de MoneyRadar et ne constituent pas un conseil en investissement.